Le Groupe de Travail "Écoles" a eu lieu ce vendredi 27 mars. Retour sur les échanges entre les organisations syndicales et l'Administration.
17 élèves par classe en moyenne, c’est possible. Cela coûte 76,5 Millions d’euros dans le Nord.
Notre article sur la carte scolaire dans le Nord 2026 ici.
Cette année (encore), des postes vont être rendus au Ministère en raison de la baisse démographique.
Notre analyse sur les suppressions de postes est à retrouver dans cet article.
Alors, quelle « facture » pour le Nord en 2026?
340 postes, dont 20 (les remplaçants) ne sont pas prioritaires pour le Ministère.
Le consensus syndical propose de conserver les postes et même d’en créer pour améliorer le taux d’encadrement et baisser les effectifs dans les classes.
Alors, fixons des objectifs et calculons le coût de ces mesures pour le Nord.
Combien coûte un prof des écoles en France?
On trouve la réponse ici : panorama statistique des rémunérations des personnels de l’enseignement scolaire
On peut estimer qu’un professeur des écoles, en moyenne, coûte 50 000 euros par an (salaire brut + indemnités).
C’est une estimation et on pourrait considérer qu’en créant des postes de stagiaires, ce coût serait moindre les premières années.
Partons donc sur 50 000 euros par an.
Cas n°1 : carte scolaire « de rêve » : on ajoute un professeur par école.
Il y a 1529 écoles dans le Nord. Si on ajoutait un professeur par école, sans fermer de postes, cela coûterait 76 450 000 euros.
Impact : 17 élèves par classe
17 élèves par classe en moyenne, c’est possible. Cela coûte 76,5 Millions d’euros.
Pour être complet, la moyenne maximale par classe constatée serait 24 élèves par classe, avec un écart type de 3.
Alors évidemment, créer 1529 postes en un an dans une académie, ce n’est pas réaliste.
Cas n°2 : on maintient tous les postes et on créé des postes là où la démographie monte. On ajoute 20 remplaçants et 30 postes de réserve
Nombre de postes : 482 Coût de la mesure : 24,1 Millions d’euros. Impact : 19 élèves par classe en moyenne.
Pour être complet, la moyenne maximale par classe constatée serait 25 élèves par classe, avec un écart type de 4.
Créer 482 postes, c’est possible par le recrutement de stagiaires et la titularisation de contractuels.
Cas n°3 : on rend « seulement » 260 postes sur les 320 demandés par le Ministère
Pourquoi cet écart? Cela s’explique par les postes de réserve conservés dans l’intérêt du mouvement et du service par le DASEN, les postes de remplaçant qu’il pourrait décider de créer, et les arbitrages suite au Groupe de Travail du 27 mars 2026.
Il faut saluer les choix qui ont été faits lors des années précédentes en ce qui concerne ces derniers points.
Economie : 13 Millions d’euros. Impact : 19,5 élèves par classe en moyenne.
Pour être complet, la moyenne maximale par classe constatée serait 28 élèves par classe, avec un écart type de 3.
Pour y voir plus clair :
Qu’en pense la CFDT Education Formation Recherche Publiques Nord Pas-de-Calais?
Le budget du département du nord (en 2025) est de 3.875 milliards d’euros.
Le budget de l’Education Nationale est selon le projet de loi de Finance de 2026 de 63.02 milliards d’euros.
Au maximum, il faudrait compter une enveloppe généreuse de 80 Millions d’euros pour maximiser les améliorations (pas de fermeture, ouvertures, créations de postes).
Le nombre d’habitants dans le Nord est de 2.6 millions. cela coûterait 30 euros par habitant pour une carte scolaire « idéale », 9 euros par habitant pour une carte scolaire qui améliore les conditions de travail et d’accueil des élèves sur tout le territoire.
On pourrait regarder ces chiffres et se dire que finalement, le choix du Ministère (cas 3 ou approchant) n’est pas si terrible.
Mais il faut bien comprendre que derrière les chiffres, il y a des élèves qui vont se retrouver à 26 par classe, avec 4 ou 5 niveaux.
Il y a des professeurs qui vont devoir compenser, travailler au delà de ce qui est soutenable. Comment tenir l’objectif d’une excellence inclusive dans ces conditions?
Il y a des familles qui feront le choix de se détourner des écoles chargées en élèves ou en cours multiples. Car c’est bien le péril de l’école Publique : nous sommes à l’ère du choix, de l’hyper-sélectivité et de la concurrence.
Une autre solution est envisageable : les fusions d’école.
Osons le dire : des fusions permettraient : des économies de postes (moins de postes de direction), des regroupements autour de structures à 4 classes et plus (donc des décharges pour les directeurs/directrices), des économies d’argent public (moins de frais de fonctionnement, répartition des charges par élève accueilli), moins de cours multiples à 4 niveaux, éviter les postes isolés, redonner un sens aux équipes pédagogiques, aux cycles.
Le chemin est très long. Les mentalités doivent évoluer, les maires se rapprocher, ouvrir le débat, les conseils d’école doivent se prononcer.
Avec la baisse démographique, des écoles autrefois chargées sont maintenant en capacité d’en absorber des plus petites.
Cela demande aussi de repenser l’école autour d’un territoire qui dépasse le quartier ou le village.
Le rôle de notre syndicat est de montrer que d’autres chemins sont possibles.
En conclusion, c’est toujours une question d’argent et de choix de politique publique.
Lorsque nous affirmons que d’autres choix sont possibles, ce ne sont pas des chimères.
L’Etat peut faire le choix d’améliorer partout et pour tous les conditions d’enseignement.


