Enquête amiante 2024 : alerte dans les écoles ! (deuxième partie)

82 % des écoles sont potentiellement concernées par l’amiante.
Plus de la moitié ne détiennent aucun des documents d’informations obligatoires.
Des centaines de milliers de personnels et d’usagers sont concernés.

Suite de notre analyse concernant l’enquête nationale « amiante  » adressée à aux établissements scolaires en avril 2024.

Les résultats ont été présentés à la formation spécialisée santé et sécurité au travail (F3SCT) du ministère de l’éducation nationale en  décembre 2024.

La première partie de l’enquête a fait l’objet d’un précédent article.

Une situation très inquiétante dans les écoles primaires.

Les 48 000 écoles maternelles, élémentaires et primaires représentent les 3/4 des établissements scolaires.
Elles sont éparpillées dans les 36 000 communes de nos territoires.

Plus de la moitié de celles ayant répondu ne possèdent aucune information (DTA ou fiche récapitulative).

Et qu’en est-il pour l’autre moitié ?

Cette carence met en danger  personnels, élèves, agents et travailleurs  des services et entreprises qui effectuent des travaux.

Situation différente dans le secondaire où 77 % des collèges et lycées – propriétés des départements et régions – disposent de cette information.

Mais la pour la CFDT, 28 ans après son interdiction, 100% des établissements scolaires  devraient disposer des informations réglementaires.

Des milliers d’agents au contact direct de l’amiante

10 639 établissements attestent la présence avérée d’amiante par un DTA ou une fiche récapitulative (pour les autres : absence d’amiante repéré ou d’information).

2018 établissements et écoles  déclarent la présence d’amiante de catégorie A, réputée la plus dangereuse (flocage, calorifugeage et faux-plafond).

Cela concerne 1288 écoles et 730 établissements du second degré soit au moins 50 000 personnels en poste selon notre estimation.
Pour 350 d’entre eux, aucune action de prévention n’a été menée ou est connue des personnels.

Et 167 indiquent un état de conservation intermédiaire ou dégradé donc très dangereux.

D’après les réponses, seules 107 d’entre eux feraient l’objet de mesures de protection (encapsulage, retrait ou condamnation des zones concernées).

7860 (5 168 écoles et 2718 établissements) attestent la présence de matériaux de catégorie B (plaques d’amiante-ciment, dalle de sol et conduits).
Seuls 575 auraient fait l’objet de mesures de protection alors que 1599 affirment qu’aucune action particulière n’a été réalisée.

Pourtant, selon nos estimations, au moins 200 000 agents travaillent quotidiennement dans ces locaux.

État de l’amiante : très peu de contrôle périodique

Seuls 472 établissements et écoles concernés  indiquent des contrôles périodiques.
Parmi eux, 342 ont assuré bénéficier d’une mesure d’empoussièrement en 2023/2024 (sur 8 353 réponses à cette question).

Défaillance d’information et de suivi médical pour les agents

« Le guide amiante pour les agents » en ligne sur le site du ministère confie aux services de médecine de prévention l’information, la prévention et le suivi médical de ses personnels concernés.
Sauf que la quasi absence de ces services en raison d’effectifs squelettiques et malgré le dévouement de ses personnels rend totalement inopérant ces actions.

La CFDT alerte depuis des années sur cette situation.
Le rôle du médecin traitant doit être interrogé pour assurer  un suivi médical réel des agents au cours de leur carrière et pendant leur retraite.

L’auto questionnaire amiante destiné aux agents n’est pas opérationnel.
La plupart des agents ne peuvent retracer eux-mêmes leur éventuelle exposition au cours de leur carrière.

Cette enquête confirment que des milliers d’agents actifs et retraités
sont susceptibles d’être exposés ou d’avoir été exposés à l’amiante.
Leur suivi médical est défaillant.
Au moins 200 000 agents travaillent quotidiennement dans ces locaux.

La CFDT réclame des mesures d’urgence.

* les établissements et écoles peuvent continuer à remplir cette enquête.