Au niveau national, le ministre souhaite répondre à la problématique de 21 collèges avec un IPS moyen inférieur à 80 et qui ne sont cependant pas classés en Education Prioritaire (REP et REP+).
Une carte de l’Education Prioritaire gelée depuis 12 ans
La carte de l’Education Prioritaire n’a pas été revue depuis 2014. Elle concerne 1 collège public sur 5, 1,7 millions d’élèves. Pour des raisons électorales, elle restera gelée jusque 2027, et ce malgré des situations préoccupantes.
« Je ne crois pas avoir l’espace-temps politique suffisant » pour réformer ce dispositif.
Edouard Geffray, 9 décembre 2025, devant l’Assemblée nationale

Les mesures proposées pour la rentrée 2026
Dans l’attente de la refonte de l’Education Prioritaire, 21 collèges non EP avec un IPS inférieur à 80 et 66 écoles élémentaires les alimentant (avec un IPS inférieur à 90) pourraient bénéficier de mesures spéciales dès la rentrée 2026 :
- Un pôle psy-médico-social complet (avec création brut si besoin) : 1ETP (équivalent temps plein) psyEN, 1ETP infirmier, 1 ETP médiation, 1 ETP assistante sociale.
- Vie scolaire « confortée »… s’il y a des moyens à redistribuer !!!
- Une gratification IMP (Indemnité de Mission Particulière) pour tous les enseignants et CPE, 1er et 2nd degré (il n’a pas été question des AED et AESH).
- Une contractualisation CLA qui ouvrira la bonification afférente à partir de 3 années d’ancienneté dans le dispositif.
- Pour les écoles, la possibilité d’avoir un enseignant surnuméraire (il n’a pas été question de dotation proportionnelle au nombre de classes) sous réserve de rédaction d’un projet éducatif précisant l’emploi de cet enseignant.
- Une « attention particulière » portée à la dotation et au taux d’encadrement de la part des DASEN et Recteur mais les moyens qui pourraient être attribués seront des redéploiements.
- La DEGESCO a réfléchi à donner du temps (équivalent au système des pondérations) mais a abandonné l’idée.
Un plan est également prévu pour les écoles orphelines concentrant une forte difficulté sociale mais n’étant pas rattachée à un collège classé EP. Cela concerne une centaine d’écoles.
Qu’en pense la CFDT Education ?
Nous sommes satisfaits que le ministre se rende compte de l’immense difficulté dans laquelle se trouve les équipes de certains établissements/écoles. Il est grand temps !
Nous nous réjouissons du retour d’un dispositif équivalent au « Plus de maîtres que de classes ». Cependant, aucun poste supplémentaire n’est prévu, il s’agira seulement d’un redéploiement de moyens. Or, dans le Nord, 35 écoles sont déjà reconnues orphelines.
Nous apprécions le bonus de rémunération pour les personnels enseignants. Nous regrettons par contre que les AED et AESH en soient exclus… pour l’instant ! A noter que ce bonus restera bien inférieur aux primes REP/REP+.
Mais pourquoi exclure les écoles maternelles du dispositif ? Les collègues de maternelle font face aux mêmes problématiques, auxquelles s’ajoutent celles liées à l’inclusion de tous les élèves pas encore notifiés.
Et les écoles « quartier politique de la ville » dans tout ça ?
La carte des écoles relevant des « quartiers politique de la ville » (QPV) n’a pas été réactualisée depuis… 2001. Ainsi, certaines écoles, se trouvant pourtant dans ces quartiers, ne sont pas reconnues comme telles. Une situation que nous dénonçons depuis plusieurs années sur notre département à chaque CSA ! Car les personnels exerçant dans ces écoles se trouvent lésés : ils ne peuvent pas bénéficier de la bonification de points afférente dans le barème des mutations.
Après un dialogue infructueux avec le ministère sur le sujet, la CFDT vient de déposer un recours au Conseil d’Etat.
La CFDT demande de longue date une réactualisation de la carte des écoles « politiques de la ville » et celle de l’éducation prioritaire.
