Fonctionnarisation des AESH : premières discussions au ministère…

Pour faire suite au premier groupe de travail qui s'était tenu le 20 mai dernier, les organisations syndicales étaient invitées à se réunir à nouveau le 15 juin. Rapide compte rendu de ces deux réunions importantes.

Le ministère a engagé les discussions avec les organisations syndicales sur la fonctionnarisation des AESH. Lors d’un premier Groupe de Travail (GT), deux inspecteurs étaient là pour nous présenter leur rapport sur le rôle et les missions des AESH. Ce rapport propose des pistes de réflexion sur la professionnalisation du métier d’AESH.

Lors du 2ème GT, le 15 juin 2026, il a été question plus particulièrement des missions des AESH et du temps de travail. La Direction Générale des Ressources Humaines (DGRH) a d’emblée posé comme prérequis à la fonctionnarisation les 1607h qui constituent le temps plein d’un agent dans la fonction publique.

Les boussoles de la CFDT dans les discussions AESH

La CFDT éducation formation recherche publique, contrairement à plusieurs autres OS, n’a jamais revendiqué de considérer que l’état actuel basé sur 24h d’accompagnement des élèves soit considéré comme un temps plein (100%). Le slogan « 24h = temps plein » laisse trop de flou.

Notre organisation a abordé ce GT avec l’anticipation nécessaire permettant de proposer des pistes concrètes de travail.

Aussi, dans notre déclaration liminaire, nous avons clairement posé nos revendications :

  • la reconnaissance pleine et entière des AESH comme faisant partie intégrante du système éducatif,
  • la mise à plat de tout ce qui est constitutif du travail pour mieux le reconnaître. Nous voulons partir du travail réel des personnels, le nommer et le quantifier.
  • l’importance des collectifs de travail au cœur de l’école inclusive. Car il n’y a pas de travail réussi des AESH sans moyens donnés pour travailler avec les enseignants, les personnels médicaux et sociaux…
  • l’équité entre personnels AESH et avec les autres personnels de l’Éducation Nationale
  • la nécessité d’avancées concrètes sans tarder. En effet, certaines choses peuvent changer tout de suite sans attendre que les discussions sur le statut soient finalisées.

Des pistes de travail

Dans le document rédigé par la DGRH, il y a deux axes identifiés pour obtenir 36 h de travail hebdomadaire. Il s’agirait de faire 24 heures d’accompagnement des élèves et 12h de missions complémentaires. En l’état, il faudrait donc travailler 44  à 45 semaines pour arriver aux 1607h requises, sachant que le nombre de semaines de classe sur une année reste lui à 36.

Dans la perspective d’un temps complet, la DGRH envisage d’augmenter le volume d’activité des AESH en proposant par exemple d’élargir leurs missions. L’une des pistes évoquées consiste à permettre l’accompagnement d’élèves ne bénéficiant pas d’une notification de la MDPH. Cette orientation s’inspire du métier d’assistant d’accessibilité présenté dans le rapport de l’IGÉSR, dont le champ d’intervention serait plus large au sein de l’école inclusive.

Dans les missions complémentaires évoquées par la DGRH, certaines sont déjà exercées par les AESH sans qu’elles soient reconnues. C’est le cas des accueils avant la classe, des concertations avec les collègues enseignants, des auto-formations, des relations avec les familles…

Nos propositions, pistes de réflexions

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a, de son côté, identifié d’autres missions déjà remplies par les agentes. Elle demande également la reconnaissance dans le calcul du temps de travail de la dimension particulière de charge cognitive, mentale et physique que constituent les temps d’accompagnement.

La CFDT portera ses propositions au prochain GT qui se tiendra début juillet.

La CFDT revendique une fonctionnarisation de catégorie B pour toutes les AESH qui en feront la demande.