Coup de chaud sur l’éducation !

Le coup de chaud de mai nous a pris de cours comme nos institutions et nous amène à devoir repenser notre métier en fonction du contexte du changement climatique. La CFDT a enquêté et recueilli les témoignages des personnels et le constat est évident : il serait temps de prendre des mesures !

Une impréparation visible

L’enquête menée, à laquelle ont participé 143 personnes, a permis de recueillir les témcoup de chaudoignages de quasiment toutes les catégories relevant du Ministère. Le premier constat des réponses est clairement un manque de dialogue et d’informations venant des autorités compétentes puisque, sur l’ensemble des participant.e.s, seul.e.s 7 personnes ont estimé avoir été bien ou très bien informé.e.s des adaptations possibles lors de ce coup de chaud.  Mais comment informer correctement les personnels et pouvoir anticiper avec elles ou eux quand aucun cadre clair ne vient étayer la conduite à tenir en cas de fortes chaleurs ? (cela vaut également pour les questions de grands froids). A l’unanimité, nous avons trouvé que la réponse n’est pas adaptée aux conditions réelles de nos établissements ou administrations voire même qu’elle a été inexistante pour environ 60% d’entre nous.

Des témoignages inquiétants

Dans toutes les branches et à tous les niveaux de nos métiers, les remontées montrent déjà les risques auxquels nous allons de plus en plus faire face. Peu de prise en compte des personnels les plus fragiles ou les plus exposés, peu de solutions pour protéger les usagers du service public.

Beaucoup d’élèves en hyperthermie avec céphalées et nausées. Impossible de faire cours. Pendant une semaine j’ai été garde d’enfant en milieu thermiquement hostile. Je suis allé acheter des packs d’eau sur mes deniers personnels pour les élèves !

Quant à moi: mal de tête tous les soirs ainsi que nausées. – témoignage d’un personnel de collège

La santé des personnels est en danger et notre employeur ne peut pas fermer les yeux sur ce point. Beaucoup de participant.e.s ont fait remonter des faits de malaises, d’élèves ou d’étudiants en souffrance, de complications pour pouvoir effectuer leurs tâches et surtout de conditions de travail très inquiétantes notamment concernant la salubrité des locaux lors de ce coup de chaud. Pour ce dernier point, beaucoup d’entre nous sont résigné.e.s face à la diversité des collectivités locales qui ont en charge l’entretien des bâtiments et à la difficulté de peser sur leurs décideurs. C’est pourtant possible en mettant en place des seuils de tolérance de températures comme c’est le cas dans d’autres pays d’Europe et c’est une revendication que nous portons.

Il va falloir se retrousser les manches

C’est un problème évident : notre institution n’est pas préparée à ce genre d’épisodes, comme ce coup de chaud, qui sont de plus en plus fréquents et prévisibles par la nature même du changement climatique que nous connaissons.
Comme d’habitude les directeurs gèrent avec les enseignants comme ils le peuvent… Ventilateurs demandés aux parents, ventilateurs personnels ( appareils non conformes à l’utilisation en ERP)… Récréations aménagées… – témoignage d’un personnel travaillant en école
Il faut un cadre clair au moins au niveau académique, c’est-à-dire au niveau proche mais encore plus, selon la particularité de nos lieux de travail, au niveau local. Sur ce point, il faut que le DUERP, document obligatoire et propre à chaque établissement, soit clairement rédigé ou révisé en équipes pour faire face aux dangers de ces situations et que du temps soit dégagé pour permettre aux personnels de se l’approprier.

Il faut repenser nos métiers à l’aune du changement climatique

Faire comme si tout cela était exceptionnel est commode mais il ne faut pas se leurrer. Chaque année et de plus en plus, nous avons à faire face à ces épisodes climatiques qui viennent perturber l’exercice de nos métiers et il va falloir en tenir compte et associer chacun.e des personnels et des usagers à cette adaptation. C’est ce message que porteront nos élu.e.s auprès du rectorat et celui que portent nos représentant.e.s au niveau national.
A la CFDT, nous travaillons pour une Transition Ecologique Juste qui prenne en compte tous ces changements mais n’en fasse pas payer le prix aux plus fragiles. Vous pouvez trouver ici toutes nos revendications pour le Nord et le Pas-de-Calais mais aussi rejoindre le réseau des Sentinelles vertes pour peser et faire entendre nos voix.